Comment câbler le DMX et sa connectique ?

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C’est un peu LE protocole le plus répandu pour le contrôle d’éclairage dans le spectacle, le DMX512 s’est imposé fin des années 90 comme une norme incontournable. 

Pourquoi on parle de DMX512 ? Parce que le signal permet de faire transiter 512 canaux différents de 256 valeurs chacun. Chaque canal correspond à un attribut unique de machine (dimmer, pan, tilt…). Promis on reparlera de ce protocole en détail dans un prochain article. 

Pour l’heure, voyons ensemble comment sont faits les câbles et comment on le raccorde à nos équipements.

Connectique XLR

L’USITT (United Institute for Theater Technology) qui régule la norme du DMX préconise l’utilisation de connecteurs XLR 5 broches. En réalité, deux de ces cinq broches ne sont pas utilisées mais sont juste optionnelles, ce qui explique que certains équipements sont en XLR 3 broches seulement (parce que certains fabricants essayent de faire des économies de bouts de chandelle). 

On utilise une fiche femelle du côté émetteur (sortie de console ou de splitter notamment) et une fiche mâle côté récepteur (machines et gradas) avec le brochage suivant :

Broche 1 = Masse
Broche 2 = Data –
Broche 3 = Data +
Broche 4 et 5 = Inutilisées

Broches DMX vue du côté soudure

J’ai cherché le code couleur pour les connecteurs de chaque broche mais j’avoue que ça a été un vrai casse-tête car personne ne fait la même chose. Ce que j’en ressors c’est que les anglo-saxons ont tendance à faire:
1= Tresse, 2= Noir, 3= Blanc, 4= Vert et 5= Rouge.
En France il semble qu’on met les couleurs dans le même ordre que celui du code couleur des résistances, c’est à dire : 1= Tresse, 2= Noir, 3= Rouge, 4= Vert et 5= Blanc.
On va dire que le principal c’est de câbler droit, peut importe la couleur !

Côté câblage, on utilise un câble torsadé blindé qui dégage une impédance de 120 Ohms. Pour ceux qui voudraient utiliser leurs câbles XLR audio, ces derniers possèdent une impédance de 75 Ohms. La triche marchera sur une petite distance mais on peut vite se retrouver avec des lampes qui clignotent. A proscrire totalement donc !

Daisy Chain

Le câblage du DMX supporte une méthode de chainage qu’on appelle Daisy Chain. 

Pour faire simple, avec notre cable DMX on sort de notre console, on attaque un premier projecteur. On part ensuite de ce projecteur avec un nouveau câble vers un autre projecteur et ainsi de suite. 

Principe de câblage DMX

Comme ce signal DMX est en réalité un courant électrique qui est distribué en parallèle entre chaque projecteur, ce courant est amoindri à chaque fois qu’on rajoute une machine sur la ligne. 

La question est donc de savoir combien de récepteurs on peut chainer sur une même ligne. Encore une fois la norme propose une réponse en garantissant le bon fonctionnement du DMX jusqu’à 32 récepteurs. Au delà, rien n’est garanti !

Par ailleurs, afin de réduire les parasites sur la ligne, il peut être intéressant de mettre une terminaison en bout de ligne afin de boucler le courant et éviter le phénomène de réflexion. 

Par abus de langage on appelle ça usuellement un bouchon DMX.

Pour le réaliser c’est super facile, il suffit de souder une résistance de 120 Ohms entre les broches 2 et 3 d’une fiche XLR mâle.

Très franchement, j’en mets rarement. Mais sur des lignes assez longues ça reste une bonne idée. Des projecteurs qui se mettent à clignoter tous seuls sont symptomatiques de ce genre de problème qu’un bouchon peut régler en quelques secondes. A avoir dans sa tool donc !

Répéter, splitter et merger

Sur les grandes longueurs de câble, on va avoir de la perte en ligne et le signal dmx va se dégrader. Pour pallier à ce problème et régénérer le signal, on va pouvoir utiliser un amplificateur qu’on appelle répéteur. S’il est opto-isolé, il va aussi permettre d’isoler les masses entre notre ligne en amont et notre ligne en aval, ce qui va réduire le risque de perturbations.

Comme la théorie nous invite à nous limiter à 32 machines max par ligne, on va parfois avoir besoin de créer plusieurs lignes DMX différentes. Pour cela, on va pouvoir ajouter un splitter.

Son rôle : créer une copie ré-amplifiée du signal entrant. C’est en fait une sorte de répéteur avec plusieurs sorties identiques.

Si on souhaite ajouter plusieurs contrôleurs dans notre boucle dmx, on va devoir utiliser un mergeur qui va faire converger plusieurs signaux entrants vers une seule et même sortie. Les signaux entrants seront alors conditionnés par des règles de priorités afin d’éviter les conflits. En règle générale, la valeur la plus haute l’emporte.

Principe de répéteur, splitter et mergeur

Fabriquer et tester son câble 

Pour faire un câble DMX, j’utilise les outils suivants :

  • Un cutter
  • Une pince à dénuder
  • Une pince coupante
  • Un fer à souder
  • De l’étain
  • Une éponge sèche (pour garder mon fer propre)

Le principe est super simple, on enfile la bague de serrage et le presse câble sur le câble, on coupe la gaine d’environ 2cm. On forme un toron avec la tresse qu’on entame. On dénude les connecteurs, on étame les bouts et on soude les broches (dans le bon ordre). On replace le presse cable et on visse la bague à la fiche en métal et le tour est joué. 

Pour tester mes câbles, j’utilise un testeur tout bête acheté chez Thomann et qui permet de tester pas mal de câbles différents. 

Testeur DMX et multi-cables

Voilà un petit mémo pour câbler et mettre en oeuvre un réseau DMX de base qui j’espère vous sera utile. J’en avais marre de chercher à chaque fois sur google quelle broche correspond à quoi à cause de ma mémoire de poisson rouge 😉

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