Vidéo live en réseau

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Cela ne t’a pas échappé, la transition au tout réseau est en train se s’orchestrer et elle entraine avec elle l’ensemble de nos habitudes en matière de transport de données.

Progressivement, nos sympathiques connectiques DVI ou HDMI sont en train se transformer en connectiques RJ45 permettant ainsi de s’étendre sur de plus grandes distances et d’interconnecter nos équipements.

Le problème, comme à chaque fois, c’est que chaque constructeur a un peu fait à sa sauce et développé ses propres solutions propriétaires et on se retrouvait avec de nombreuses incompatibilités entre équipements de fabricants différents.

A l’heure actuelle, la tendance est à l’intéropérabilité entre systèmes et certains protocoles commencent à s’imposer dans notre milieu. 

Faisons un tour sélectif de ceux dont on entend parler et voyons s’ils sont réellement pertinents pour nos usages.

SMPTE 2110

Je me sens obligé de commencer par là étant donné que c’est le seul de ma liste qui se défini réellement comme un standard. 

La  Society of Motion Picture and Television Engineers qu’on commence à bien connaitre et dont je parlais justement récemment dans mon article sur le Timecode, a développé un nouveau standard de transmission de vidéo non-compressée sur un réseau ethernet. 

Sur le papier ça sonne bien mais dans les faits c’est un peu plus compliqué. 

En effet, le protocole est subdivisé en plusieurs flux de données notamment un pour la vidéo, un autre pour l’audio, un pour la synchro et encore un pour les métadonnées. Point de vue intéropérabilité c’est un peu casse-tête. Sans compter que la non-compression vidéo demande des débits et une bande passante extrêmement importante donc très couteuse et difficile à mettre en place avec n’importe quel équipement de type informatique standard qui est l’une des raisons principales  du changement au tout IP. 

Le SMPTE 2110 est également très critiqué pour sa latence dans la transmission des flux vidéo.

Cela amène donc à penser que la compression est inévitable (même si ça reste un sujet délicat) et que le SMPTE n’a pas vraiment sa place dans nos usages audiovisuels, du moins en l’état. 

AVB

Développé par l’IEEE (pour ceux qui ne voient pas, c’est un organisme de normalisation très connu qui est à l’origine de pas mal de normes informatiques actuelles), l’AVB pour Audio Video Bridging est plutôt réputé dans le monde de l’audio. 

Il y a plusieurs années, l’AVB a tenté de se positionner en standard, notamment auprès des professionnels de l’audio. 

Malheureusement, la mise en oeuvre d’infrastructures de ce type nécessitait du matériel réseau compatible et la jeune startup australienne Audinate a fini par rafler la mise et occuper le milieu avec son protocole Dante qui fonctionne avec n’importe quel équipement réseau. 

Pour autant, l’AVB avait quelque chose que Dante n’a pas (du moins pas encore mais ils en parlent) : la prise en charge de vidéo sur IP. 

L’AVB permet une synchro audio vidéo avec une latence très réduite et là encore, pas de compression vidéo et l’utilisation de plusieurs flux de données distincts. Mais là encore le même problème: il faut que les switchs et autres appareils réseau soient compatibles AVB ce qui fait monter drastiquement la facture.

SDVoe

Développé par six grands constructeurs (Aquantia, Christie, Netgear, Semtech, Sony et ZeeVee), SDVoe (pour Software Defined Video Over Ethernet) a pour objectif de devenir le futur standard du streaming audio et vidéo professionnel.

Comme il propose également une non-compression vidéo, il nécessite au minimum un réseau en 10 Gigabits dédié à son unique flux. La latence est presque nulle et le contenu des trames est crypté. 

S’il est intéropérable sur n’importe quel système réseau, il nécessite néanmoins une implémentation hardware sur les équipements émetteurs/récepteurs compatibles ce qui fait qu’il est encore peu répandu dans notre industrie du live.

Axé sur la qualité, il nécessite de très hauts débits et une infrastructure réseau solide donc coûteuse et sera alors plutôt destiné à un public audiovisuel qui ne souhaite pas faire de concessions sur le rendu des images.

NDI

 Aujourd’hui, la norme NDI s’impose dans notre industrie et a déjà été adopté par de très nombreux constructeurs. La raison de ce succès ? Il est implémenté de manière logicielle (open source) et non hardware. Sa mise en œuvre est donc extrêmement aisée et gratuite pour les constructeurs.

Le protocole NDI (Network Device Interface) est développé par Newtek et compte déjà plusieurs milliers de constructeurs et logiciels compatibles. 

En plus d’embarquer l’audio et la vidéo dans un flux commun, il intègre également les métadonnées. 

Gros avantage du NDI : Une infrastructure Gigabit est suffisante et on peut même transmettre les données en Wi-Fi. 

NDI prend entièrement en charge toutes les résolutions et fréquences d’images, y compris 4K, avec ou sans canal alpha, ainsi que 16 canaux audio. 

Bien sûr, tout cela n’est pas miraculeux et son faible débit est le résultat d’une compression vidéo assez importante puisqu’il réduit un flux vidéo HD à environ 100 Mb/s . Pour autant, la compression NDI offre un niveau de qualité d’image amplement satisfaisant.

Et pour les logiciels vidéos qui n’intègrent pas le protocole nativement (comme QLab ou VLC par exemple), il y a une petite astuce dont je parle dans cette fiche pratique.

Voilà un rapide coup d’oeil sur les principaux protocoles de streaming vidéo dont on parle dans notre industrie. Dans un prochain article on fera un point sur les protocoles orientés Média-Serveurs. En attendant, s’il y a une chose à maitriser, c’est très franchement le protocole NDI !

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